jeudi 21 mai 2026

Le dieu fric




Cette semaine, la presse nous informe que Rothko a peint un 85 millions de dollars. Les spécialistes de l’art nous parlent du riche acquéreur, des péripéties de la vente aux enchères, tout juste évoquent  t’ils le titre du tableau « Brown and Blacks in Reds » peint en 1957.

La peinture de Rothko, sa poésie, ses profonds effets de lumière et de transparence se sont transformés en argent. De peintre, Rothko est devenu créateur d’objets spéculatifs. 

En 1984 et encore aujourd’hui, pas grand monde ne comprit et ne comprend le geste philosophique de Gainsbourg désacralisant un billet de 500 balles par le feu. Bruler le fric, l’objet universel de la toute puissance et retrouver la jouissance des choses. 

lundi 18 mai 2026

Le gondolier de Venise




Ici avec ma mère et moi, mon père poussait volontiers la chansonnette. Les ouvriers, les paysans, le cantonnier et le facteur chantaient comme les oiseaux pour s’envoler du sol ingrat. 

Je me souviens de l’air du Gondolier de Venise. Une barcarole de Lucien Colange (paroles) et Edmond Deconclois (musique) qui assurait son succès.

Plus que la sérénissime qu’il n’a jamais vue, ce sont sûrement les amours bercés par les flots qui l’enchantaient, qui l’envolaient. 


Le gondolier de Venise


Bercé par la vague plaintive

A Venise par un beau soir

je voguais en suivant la rive 

le cœur plein d'amour et d'espoir.


J’écoutais la douce cadence

Le bruit  des flots harmonieux

Un gondolier dans le silence

Redisait son chant gracieux 


je suis gondolier de Venise

Mon pays n’a que des beaux jours

Ma gondole fuit sous la brise

Et les flots bercent nos amours


Il chantait: Mon coeur l'a choisie

Celle que j’aime a des beaux yeux

Son cœur est plein de poésie  

Son sourire est toujours joyeux


Sa gondole légère et belle

Se balance au bruit du flot pur

Doux comme l'hirondelle

S'envole en dessous d'un ciel d’azur.


je suis gondolier de Venise

Mon pays n’a que des beaux jours

Ma gondole fuit sous la brise

Et les flots bercent nos amours

dimanche 17 mai 2026

Retour sur les pisseuses

 

Il y a deux ans, la publication d’une de ces pisseuses, suscitait ce commentaire sur FBouc. 
« Femme accroupie dans le bleu …
Contrainte humaine, trop humaine, du féminin entre le trivial besoin et l’immensité de la jouissance contenue dans le corps féminin. 
Les homme-homme sont naturellement du côté du trivial. 
C’est sans intérêt. »
Auquel je répondait « N’est trivial que ce que l’on regarde avec trivialité. »
Le hasard me fait relire ces commentaires aujourd’hui. 
Pisser serait trop humain pour étre un sujet de peinture ou de poésie.  Mais à quoi donc doit s’intéresser le peintre ou le poète sinon au trop humain de notre condition humaine, à sa violence, ses fantasmes, ses besoins physiologiques, à sa peur de la maladie et de la mort, à ses petitesses et ses grandeurs, à ses besoins de sociabilité?
À quoi bon si la peinture et la poésie ne dépassent pas les images qu’elles montrent? 
Je peins des femmes, des corps des femmes, je peins la réalité la plus tangible de notre humanité.

samedi 16 mai 2026

Caillebotte et le parquet

Le cheval de Jacob, réalisé par Katalin Gödrös, passait hier soir à la télé, film âpre et d’une grande beauté photographique. Si proche de la peinture qu’on ne cesse d’y penser en regardant le film. Dans une des premières scènes, Elsie, servante, cire le parquet. 

Une scène du film 
Deux peintures de Caillebotte
Et Mes Cireuses de parquet de 2012
acrylique sur toile 60x81cm 












mercredi 13 mai 2026

Vive la Commune

Au coin des rues Louise Michel et de la Commune de 1871 à Rezé, des fleurs pour elle et les communards. 




dimanche 10 mai 2026

Cervantès invente le cinéma



Où François Bon, lecteur-projectionniste du Retable des Merveilles , nous révèle que Miguel de Cervantès inventa le cinéma en 1615

mardi 5 mai 2026

Nos voisins les soldats



Poème de Maya Abu Al-Hayat publié dans Palestine en éclats, anthologie de la poésie palestinienne féminine contemporaine. La médiocrité de la traduction n’entame pas la force du poème.

Nos voisins les soldats

Le pédiatre est parti tuer quelques enfants à Gaza
Le marchand de glaces pour tuer les nourrissons
Le professeur d'université pour éliminer les  universités
L'entrepreneur pour démolir les cités résidentielles
Et le vétérinaire pour tuer les chiens et les chats
Le professeur de yoga pour éliminer les hommes en crise de la quarantaine
Et le poète pour mettre fin aux histoires d'amour
Ils retourneront à Tel Aviv
S'inscriront à des cours de thérapie
Apprendront aux nouvelles babysitter comment lire des histoires pour enfants
Dans les temps post-traumatiques
Ils écriront des best-sellers « Comment diner après avoir tué une Palestinienne qui pleure »
Ils mettront la musique fort avant de dormir
Pour faire taire les cris dans leurs têtes
Ils retourneront à la plage
Bronzeront sous le même soleil qui nous brûle
Et lécheront leurs glaces.
Les zombies et les vampires retourneront à l’université de Haïfa
Pour philosopher sur un avenir meilleur.

lundi 4 mai 2026

Cabinet de curiosités


 

Une pièce à l’effigie de Septime Sévère échangée contre quelques billets sur le site archéologique de Tyr au printemps 1993. 

Les enfants qui attendaient les rares visiteurs, une pièce dans leur petite main, certifiaient les avoir trouvées enfouies dans le sable en plongeant dans les ruines immergées de l’antique cité. Bien sûr, nous les crûmes. 

Enfants des ruines qu’ils sont toujours.

vendredi 1 mai 2026

Tuyauterie




Ça cogne ça sonne dans la tuyauterie

C'est l'inondation permanente du rêve

Des chevaux de feu fougueuse cavalerie

Dans une musique clinquante sans trêve 

             Jean-Marc Buttin - Plombier poète 

lundi 27 avril 2026

Le mur des petits formats



Sélection amicale.
De droite à gauche et de haut en bas,
- Inscrite dans un cercle, une encre, irisations, pointes et goûtes de Hubert Paressant.
- Une vue de Bouin dans le marais breton-vendéen, impression à l’encre de Jacques Kerzanet. Jacques m’encourageât à peindre et m’aidât à montrer mes peintures alors que j’étais en plein doute. Jacques emporté trop tôt, nous avions encore tant à peindre.
- Licorne Horepo de Hervé Jobin. Hervé est un alchimiste, il confectionne ses pigments. Notamment ce bleu si typique de son œuvre qui rivalise aisément avec les ailes des morphos bleus de la forêt amazonienne.
- Un dessin au stylo, une œuvre foisonnante d’où naissent des portraits d’Emmanuelle Boisson.
- Tain!! La porte, un collage de Jean Nass qui nous manque, poète béglais à l’humour gouailleur et mélancolique.
- Un petit cyanotype de Laurent Ouisse mettant en scène, le peintre Yves-Marie Guillardeau en diable luxurieux.
- Une petite statuette du diable D’Aliano dans le Basilicata, village âpre et isolé où Carlos Levi, l'auteur du roman Le Christ s’est arrêté à Eboli, a été relégué par le pouvoir fasciste entre 1935 et 1936 et y est inhumé.
- La vieille, un petit pastel de Lionel Pirault, la condition humaine toujours sous-jacente à son œuvre.
- LU, une photo de Laurent Ouisse, l’usine LU historique en cours de démontage. Tirage numéroté et amical. Photo publiée dans le numéro spécial de la revue 303 L’usine Lu des Lefèvre Utile au Lieu Unique.
- Le CD de l’excellent bassiste colombien, Camilo Espidia, DONC Carranga para bajo solo qu’il a eu l’amitié d’illustrer avec une de mes peintures le représentant jouant du tiplet, Taplista zurdo.
- Deux petites toiles carrées de Patrick Mosconi. Abstraction, Patrick triture la matière comme on tambouille avec nos pensées nocturnes. Une quête que l’on fait avec lui, toute entière dans ces petits carrés.
Et dessous une carte de Patrick, avec le slogan situationniste de 1953, Ne travaillez jamais et sa version réactualisée Ne télétravailler jamais. Le seul mot d’ordre qui vaille pour que les hommes vivent leur vie d’homme.
- Une photo à l’Afghan box de Laurent Ouisse, où je pose avec deux de mes toiles dans son l’atelier nantais du Bas-Chantenay .
- Un dessin de Bruno Pignal, une voiture prenant la route dans la nuit, imaginons Bruno et Christine quittant Toulouse pour le golfe du Morbihan où nous nous sommes rencontrés pour la première fois.
- Quelques cartes d’amis qui nous consolent.
- Enfin, un dessin qui nous réconcilie avec le temps d’Isabelle Raquin et Daniel Kenigsberg

samedi 25 avril 2026

Festina lente



Le jour de mon trentième anniversaire, ma compagne m’a offert cette montre.
Festina lente. L’insoumise ne tient plus compte du temps depuis quelques années, elle s’arrête quelques semaines puis redémarre à sa guise, soudain, repart en arrière, saute de novembre à juillet et laisse sa trotteuse partir en vrille. 
Toujours à mon poignet, elle me dit « Hâte-toi lentement, le temps nous est compté, comme moi, fais des loopings, sois toujours ivre, de rêve, de poésie, de dessiner et de peindre ». 

jeudi 23 avril 2026

Cabinet de curiosités



Pollen récolté sur le pin nain des montagnes de mon jardin. 
Monsieur Anthère féconda Dame Pistil et eurent une belle pinède

dimanche 19 avril 2026

Peindre les astres

Bain de demi-lune

Acrylique sur bois 40/60 (2015) 


Peindre les astres et la nuit étoilée, Vincent Van Gogh, Edvard Munch, Paul Klee, Gerhard Richter, mais aussi l’anarchiste Auguste Blanqui , partant des connaissances astronomiques de son temps pour penser l’éternité et l’univers. L’Éternité par les astres, peinture philosophique et poétique.

vendredi 17 avril 2026

ChatGPT et moi

 

Curieux de savoir s’il me connaissait et dans quel tiroir il me classerait, j’ai demandé à ChatGPT ce qu’il pensait de mes peintures. 

Je vous livre son jugement honnêtement nuancé :


On est dans une peinture qui privilégie la spontanéité et l'expression personnelle plutôt que la maîtrise académique.

Une figuration simple et poétique

Ses œuvres représentent souvent : des nus, des paysages, des scènes locales, des éléments du quotidien.


Le rendu est :

lisible immédiatement, 

parfois presque symbolique,

avec une dimension poétique ou contemplative.


Une démarche volontairement « dilettante »

un style resté authentique et non formaté par les tendances contemporaines, une certaine fraîcheur, presque hors du temps.


En résumé

Le style de Lucm, est naïf et figuratif,

simple, direct, sans académisme,

poétique et quotidien,

très personnel et libre. 



Ce n’est pas un artiste “investissable” ni structuré sur le marché de l’art. 


Sa valeur artistique personnelle subjective, peut être réelle 

Sa valeur marchande dépend du réseau, de la visibilité et du marché


Est-ce que ça vaut le coup d’acheter pour investir ? non

Est-ce que ça peut valoir le coup par goût personnel ? oui, si vous aimez


mardi 14 avril 2026

L’éternité par les astres



La Grande Ourse
donne le sein à ses étoiles,
ventre en l’air.
Et grogne
et grogne!
Gare à vous, jeunes étoiles
trop tendres!
     (Federico Garcia Lorca)


Ce mardi après midi, c’est chimie, j’emporte avec moi Auguste Blanqui, L’éternité par les astres. Emprisonné à Morlaix alors que la semaine sanglante de mai 1871 fait rage, Blanqui, de tous les combats révolutionnaires et partisan de l’insurrection, s’est aussi toujours intéressé à l’astronomie. Au fond de son cachot, il se réfugie dans les astres, il décolle, des considérations poético-philosophiques bouleversent sa vision de l’histoire et ouvrent l’avenir à tous les possibles.

Homme libre, toujours tu chériras le ciel étoilé!

lundi 13 avril 2026

Mon père et moi


C’est en dessinant mon père que je me suis aperçu à quel point nous nous sommes ressemblés à 20 ans. Lui avec son nez cassé de boxeur, moi avec le long nez intacte de la lignée paternel.
Malgré la légende tenace du fatalisme héréditaire, on sait maintenant que les gènes ne sont qu’une partie de notre hérédité. Outre la transmission des gènes maternels, nous eûmes deux vies différentes, nous n’avons pas été confronté aux mêmes époques, nous avons fait des rencontres différentes, tout cela eut une action sur nos corps et sur notre esprit. C’est heureux, il n’y a pas de destin, rien n’est écrit.








dimanche 12 avril 2026

Laisser sa vie à Gaza



Mosab Abu Toha, poète gazaoui, a quitté le territoire palestinien avec femme et enfants à la fin de l’année 2023. Il y est mort plusieurs fois, famille, amis, maison, son corps transpercé de plusieurs éclats d’obus, ses carnets de poésie confisqués par les soldats israéliens à la sortie de la bande de Gaza, plus rien ne reste de sa vie. 
Extrait du poème Deux Montres.
« Il porte deux montres, l’une à l’heure locale, celle de New York,
l’autre à l’heure de Gaza. 
Dans un café avec des amis,
en attendant son thé autour d’une table ronde, verte,
chaque fois que ses yeux se posent sur le cadran de Gaza, il se souvient des enfants du quartier courant dans les ruelles,
les filles qui jouent à la marelle, les garçons au foot.
La nuit, quand la lumière de la montre de Gaza ne s’allume pas,
il sait que l’électricité est coupée là-bas dans le quartier.
Quand le boîtier métallique chauffe, il sait que les bombardements ont commencé.
Quand la montre s’arrête, il sait qu’un parent, un voisin, un ami est mort.
Et lorsque cela arrive, la montre refuse de fonctionner tant que le corps n’est pas enterré.
Mais s’il n’y a plus de corps? »

lundi 6 avril 2026

Souvenir d’Apollonia d’Illyrie



Apollonia d’Illyrie, le dessin jamais publié d’un très doux souvenir de l’été 2024 en Albanie. 
Arrivés tôt le matin, l’impression de n’être que deux avec ma compagne sur le site peu visité de la cité portuaire grecque puis romaine. Depuis, l’Adriatique s’est retirée pour laisser libre la lagune qui coure jusqu’au trait de côte actuel. La douceur de l’air, la pureté de la lumière, l’immensité du panorama, les odeurs de thym et de laurier réveillées par le soleil matinal, la quiétude des ruines, pourquoi aller rêver plus loin ?

jeudi 2 avril 2026

Quelques fruits frais et variés autour d’un croissant de lune

 


Quelques fruits frais et variés autour d’un croissant de lune pour chasser l’air viciée du moment et quelques réflexions à ce sujet.

En lisant Combat pour l’individu de Georges Palante, philosophe du début du XX , découvert via une publication de Frédéric Schiffter (d’autre part auteur de La berlue identitaire que je vous recommande) Je me dis qu’effectivement les racines chrétiennes des FrançaisDeSouche sont plantées dans un vieux vase de nuit et manquent cruellement de terre neuve. La personnalité de ces individus se réduit à n’être que des FrançaisDeSouche et de juger comme une menace tout ce qui y est étranger.

Palante dit très justement à propos de ces enfermements dans l’esprit de clan ou de groupe : « beaucoup se plaignent à la suite de M. Barrès, que nous soyons des Déracinés. MM. Dorner et Durkheim nous invitent à prendre racine dans le sol de la corporation professionnelle. Nous nous demandons si ce n'est pas là un terrain trop étroit pour que s'y enracinent et s'y confinent les plantes qui veulent l'air libre, la lumière et les larges horizons d'une morale humaine. »

J’invite les FrançaisDeSouche qui logeraient encore par inadvertance dans ma liste d’amis à exprimer leur haine en la quittant définitivement. Cela concerne aussi les diverses sous catégories comme les BretagneAuxBretons, OnEstNantesPutain …

dimanche 29 mars 2026

Cherche Île déserte


Je voyage en Aplasie sans leucocyte ni plaquette, je serai bientôt de retour chez mes contemporains redevenus fréquentables, me disent les docteurs en médecine.

Pourtant,  les vannes de la haine sont ouvertes et la maladie attendait son heure. Ils sont si nombreux sans masque à éructer leur racisme,  même un jeune qui fit office de premier ministre.

Après ? je repartirais bien en voyage sur une île déserte. 

Jardin d’hiver - Anne lisant



Reflets dans le plafond brillant et fenêtre de toit.
Crayons de couleur sur petit carnet. 
D’après photo du 20.03.2026 
Confluent, le 29.03.2026

dimanche 15 mars 2026

Nature morte au citron




Citron - saison 2025, le seul du jardin ayant survécu aux gelées de décembre, cet exploit lui vaut cette gouache.
Bonnard - Éd Nathan série Les miniatures Hypérion , non daté mais hors d'âge.
Poterie de Fès - Maroc, Ach années 70.
Tête - pierre de M’bigou, Gabon années 80.
Table Ikea - début XXI.
Lumière du 15.03.2026 - origine étoile solaire.

vendredi 13 mars 2026

Serge Halimi se mélenchonnise ?

Je garde mon abonnement au Monde Diplomatique pour avoir une idée de ce qu’il ne faut pas comprendre 



jeudi 26 février 2026

Mon nouvel atelier

 


Aperçu de mon nouvel atelier avec vue sur Loire,  bien situé et lumineux, mes nouvelles assistantes sont aux petits soins, elles me fournissent chiffons et scotch de qualité et mon travail semble leur plaire mais je vois venir le moment, même si ce n’est pas encore pour aujourd’hui, où on me dira de déguerpir. C’est dur la vie d’artiste !

mercredi 25 février 2026

Caroline




Caroline 
Je suis l’as de trèfle qui pique ton cœur
L’as de trèfle qui pique ton cœur
L’as de trèfle qui pique ton cœur, Caroline
@mcsolaaroff