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lundi 7 juillet 2025

La tombe de Giacomo Leopardi


La tombe de Giacomo Leopardi, Parco Virgilio, Napoli. Et un peu plus loin celle de Virgile.

A soi-même (A se stesso - Leopardi, Traduit de l’italien par Carolyne Cannella)

Or à jamais tu sommeilles,

si harassé, mon cœur. L’ultime mirage s’est éteint,

qui me faisait croire éternel. Mort. Je le sens bien,

même les rêves les plus chers,

y compris l’espoir, se sont fanés.

Repose pour toujours. Toi

qui a tant palpité. D’aucuns soupirs n’est digne

la terre, ni ne mérite tes ardeurs. Rien

qu’amertume

et ennui, la vie ; et le monde n’est que boue.

Sois en paix désormais. Désespère

en cet instant ultime. A notre espèce le sort

n’a offert que le mourir. Lors, méprise

qui tu es, et la nature et cette force brute

qui règne pour le malheur de l’homme,

et l’infini vanité.


dimanche 5 février 2023

L'heureux hasard




Les livres ne meurent jamais. Ils errent comme des fantômes qui, parfois, nous apparaissent chez le bouquiniste, à l’occasion d’un désherbage, dans une boîte à livre ou à la ressourcerie comme c’est ici le cas pour - Fado (avec flocons et fantômes) -  de Jean-Claude Pinson . 
Je farfouille dans une meule de foin et je tombe sur l’aiguille. Au milieu des Musso et des Pierre Bellemare, je ne désespère jamais de trouver un Nicolas Bouvier ou un Pierre Michon que je n’aurais pas lu ou, plus improbable, un numéro de - La main de singe - la revue de Dominique Poncet comme cela m'est arrivé dans cette même ressourcerie où le nom de Jean-Claude Pinson m’arrête. Je ne connais pas Jean-Claude Pinson mais nous sommes amis sur le réseau social et je crois savoir à quelle littérature il se dope. Le quatrième de couverture où l'on croise Baudelaire, Pessoa, Janacek, Leopardi, est une jolie promesse. 
Je remercie le hasard, ce n’est pas la première fois qu’il me fait ce genre cadeau. 
Fado attend son tour dans la pile des livres en attente, bien placé dans l’ordre de priorité.

mercredi 16 juin 2021

La solitude de Giacomo Leopardi

 


Leopardi, le malheur d'avoir trop lu et de vivre à Recanati

... à l’âge de vingt-deux ans, quand la jeunesse devrait commencer, pour moi, elle est déjà terminée et passée. Étant donné que, à force d’obstination et d’application inconsidérée, j’ai ruiné ma complexion en pleine croissance, affaibli ma santé, et vu survenir la vieillesse au moment où j’aurais dû recueillir, grâce à ma jeunesse, le fruit de mes efforts passés […] J’ai toujours vécu dans une obscure petite ville, je n’ai ni relations, ni amitiés, ni appuis d’aucune sorte. Si bien qu’après avoir perdu tout autre avantage de la vie, je me vois réduit à perdre aussi, entièrement, cet ultime fruit des études qu’est la conversation des hommes d’esprit, et ce peu de réputation que tout individu insignifiant pense et désire acquérir. Mais celui qui vit enterré dans une ville comme la mienne ne peut jamais espérer devenir, je ne dis pas célèbre, mais même connu en quelque point de la terre. Toutes les fatigues, toutes les douleurs, toutes les pertes que j’ai endurées ne me servent à rien. Ici je suis méprisé, piétiné par tout le monde, tous les espoirs de mon enfance se sont évanouis, et je regrette quasiment le temps que j’ai consacré aux études, en me voyant confondu avec l’infâme lie des fainéants et des ignorants

Giacomo Leopardi, lettre à Angelo Mai, Recanati, le 30 mars 1821