Affichage des articles dont le libellé est aquarelle. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est aquarelle. Afficher tous les articles

lundi 15 avril 2024

Et pour autant qu'il m'en souvienne




Je ne crois pas te l'avoir dit
lundi mardi ou mercredi
ou quelque jour de la semaine

Et pour autant qu'il m'en souvienne
tes dents blanches la bouche ouverte
tu mangeais une pomme verte

J'ai rencontré dans Fetter Lane
au bras de la sombre Mary
le fantôme de Frankenstein

Et pour autant qu'il m'en souvienne
le jade était surnaturel
dans tes longs yeux de caramel

Il y avait aussi Boswell
Milton et puis Dickens aussi
et d'autres ombres magiciennes

Mais pour autant qu'il m'en souvienne
le blanc le jade et le vert pomme
je ne voyais que toi en somme

Qui réellement me surprennes
lundi mardi ou mercredi
et tous les jours de la semaine

                                        Louis Calaferte - Ragtime 

dimanche 30 avril 2023

Légère lingère




Il y a des linges mouillés, ils sont dans le
vent pendus, ainsi tout d’elle est en vrac,
transparent, sorti, tout d’elle flotte, bat,
presque s’envole, tout dans le vent se plie et
se tord, par moments se déploie et pavoise
quand le vent le lisse. C’est bien elle, ça,
simple, dépouillée, offerte.

Philippe Longchamp - Des pas de crabe sur du jaune (extrait)

 

lundi 2 août 2021

La femme est bleue aux seins oranges

 





La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
À la croire toute nue.

Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.

                                            Paul Éluard

mardi 13 juillet 2021

Taches de son

 




 Sur ta peau si tendre et si lisse,
Dont ma bouche sait la douceur,
Le soleil d’été, par malice,
A mis des taches de rousseur.

                                           François Coppée - Arrière Saison

vendredi 26 mars 2021

Keith Richards en lévitation

 


François Bon - Onzième conversation avec Keith Richards au sujet des choses rares.
Au début de la conversation:
"J'ai vu une fois un homme qui se tenait à cinq centimètres du sol me dit Keith Richards, et je n'ai pas compris comment." 
"J'ai essayé aussi, mais en m'accrochant au lustre, me dit Keith Richards - ça compte aussi comme lévitation (il avait bien dit : levitation) ?
Puis quelques pages plus loin à la fin de la conversation rapportée par François Bon, Keith Richards revient à cette histoire de lévitation:
"Une fois je me suis tenu à cinq centimètre du sol, me dit Keith Richards, mais une seule fois - je n'ai pas réussi à refaire."


mercredi 7 octobre 2020

La veuve en noir

 


Peinture de la veuve en noir

Araignée !
Quel drôle de nom pour une femme
de soie
de seins et d'abdomen


jeudi 9 avril 2020

Songe intégral


Bleu, blanc, blême, 
le premier rayon  t’érythème
 Fin de l'été, 
couleur café


lundi 23 décembre 2019

vendredi 8 novembre 2019

L'endroit du paradis





L'endroit du paradis - publié début 2018, quelques jours après la mort de Clément Rosset. Il précisait en quatrième de couverture - « Ce petit livre est consacré à une dernière (je l’espère pour moi et pour mes lecteurs) tentative d’analyse et de description de la joie de vivre et de la joie d’exister. »



lundi 17 juin 2019

L’éternité au Grand Bé

                                                                           Saint-Malo - Bon-Secours - Lucm 2019 aquarelle 30x40cm
Le Grand Bé, la plage du Bon-Secours et sa piscine comme un miroir d’outre-tombe.


En face des remparts, à cent pas de la ville, l’îlot du Grand-Bey se lève au milieu des flots. Là se trouve la tombe de Chateaubriand ; ce point blanc taillé dans le rocher est la place qu’il a destinée à son cadavre.
Nous y allâmes un soir, à marée basse. Le soleil se couchait encore sur le sable. Au pied de l’île, les varechs dégouttelants s’épandaient comme des chevelures de femmes antiques le long d’un grand tombeau.
L’île était déserte ; une herbe rare y pousse où se mêlent de petites touffes de fleurs violettes et de grandes orties. Il est sur le sommet une casemate délabrée avec une cour dont les vieux murs s’écroulent. En-dessous de ce débris, à mi-côte, ion a coupé à même la pente un espace de quelques dix pieds carrés au milieu duquel s’élève une dalle de granit surmonté d’une croix latine. Le tombeau est fait de trois morceaux, un pour le socle, un pour la dalle, un pour la croix.
Il dormira là-dessous, la tête tournée vers la mer ; dans ce sépulcre bâti sur un écueil, son immortalité sera comme fut sa vie, déserte des autres et entourée d’orages. Les vagues avec les siècles murmureront longtemps autour de ce grand souvenir ; dans les tempêtes elles bondiront jusqu’à ses pieds, où les matins d’été, quand les voiles blanches se déploient et l’hirondelle arrive au-delà des mers, longues et douves, elles lui apporteront la volupté et la caresse des larges brises. Et les jours ainsi s’écoulant, pendant que les flots de la grève natale iront se balançant toujours entre son berceau et son tombeau, le cœur de René devenu froid, lentement, s’éparpillera dans le néant, au rythme sans fin de cette musique éternelle.
Nous avons tourné autour du tombeau, nous l’avons touché de nos mains, nous l’avons regardé comme s'il eût contenu son hôte, nous nous sommes assis par terre à ses côtés.
Gustave Flaubert, Par les champs et par les grèves