Autant en emporte le vent du moindre fait qui se produit, s'il est vraiment imprévu. Et qu'on ne me parle pas, après cela, du travail, je veux dire de la valeur morale du travail. Je suis contraient d'accepter l'idée du travail comme nécessité matérielle, à cet égard je suis on ne peut plus favorable à sa meilleure, à sa plus juste répartition. Que les sinistres obligations de la vie me l'imposent, soit, qu'on me demande d'y croire, de révérer le mien ou celui des autres, jamais. Je préfère, encore une fois, marcher dans la nuit à me croire celui qui marche dans le jour. L'événement dont chacun est en droit d'attendre la révélation du sens de sa propre vie, cet événement que peut-être je n'ai pas encore trouvé mais sur la voie duquel je me cherche, n'est pas au prix du travail.
André Breton - Nadja.
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lundi 25 juillet 2016
Autant en emporte le vent
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mardi 28 avril 2015
La forme d’une ville.
Dimanche matin, dans un vide grenier, j’ai déniché au fond d’une caisse ce dessin non signé, sous le verre sale d’un cadre délabré. Je l’ai acheté pour moins qu’il ne valait. La vendeuse ignorait sa provenance, un attroupement s’est fait autour de la trouvaille. Bien sûr, on reconnait Nantes, le pont transbordeur, les grues du chantier naval rive gauche et rive droite celles de déchargement du quai de la Fosse. Mais la ville a changé, les ponts ont été reconstruits et le point de vue est incertain. Le pont de Belle-Croix ou le pont maudit ? Tous les noms ont été proposés, l’angle de vue des grues et des quais analysé, la tenue des passantes étudiée pour évaluer l’époque. Plus on l’examinait, plus le dessin plaisait, un envieux m’en proposait le quintuple.
Rentré chez moi, j’ai démonté le châssis pour trouver des indices au dos du dessin : chou blanc, seulement le papier découpé aux ciseaux pour rentrer dans le cadre.
Le pont transbordeur construit en 1903 fut démonté en 1954.
Le bras entre la Bourse et La petite Gloriette fut comblé entre 1931 et 1935.
Le pont Haudaudine à 5 arches construit en 1875 fut dynamité par les allemands en 1944.
La rambarde du premier plan correspond au pont de la Madeleine reconstruit en 1927 (Aujourd’hui doublé et rebaptisé pont du Général Audibert).
Entre 1927 et 1944, le dessinateur était posté à l’entrée du pont de la Madeleine coté Quai Moncousu, l’examen d’une carte de 1920 l’atteste.
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mardi 18 novembre 2014
Les Fonderies de l'Atlantique
Les Fonderies de L'Atlantique transformées en jardin d'hiver par
l'architecte Alexandre Chemetoff en 2009
Boulevard Vincent Gâche, dans la fumée des fours mis en
chauffe simultanément pour tenir en fusion les quarante tonnes de métal
nécessaire, les ouvriers des Fonderies de l’Atlantique coulaient les plus
grosses hélices pour les plus gros bateaux. Ils ont coulé ici les hélices du
paquebot France et du porte-avions Clémenceau. Assemblées à d’énormes moyeux,
leurs pales de plus de 2 mètres forment des hélices dépassant les 5 mètres de
diamètre. Leur puissance destinée aux
géants des mers permettent des poussées
de plusieurs dizaines de milliers de chevaux.
En 2002, l’usine n’était plus à sa place sur l’île de
Nantes, elle a été contrainte d’aller prendre ses aises dans le Bas-Chantenay à
l’ouest de la ville.
Lors du déménagement,
l’entreprise a abandonné à Nantes-métropole, en plus du site (surement pollué), ceux des
chefs-modèles de pale qu’elle ne jugeait pas réutilisables. Pures créations
mathématiques, ces formes en bois ont l’élégance des sculptures d’art. Ils sont conservés aux halles Alstom, rue La Noue Bras-de-Fer.
Même si du cul de notre Charles de Gaulle, l'hélice, hélas, s'est pris la tangente, l’entreprise reste au premier rang mondial pour la
production des grosses hélices.
Hélice tribord du paquebot France prête à la livraison
(1960)
jeudi 28 août 2014
jeudi 17 avril 2014
Barbelé
rue Legendre à Rezé – dispositif anti-intrusion côté nord
L’éventuel assaillant devra franchir un double réseau défensif constitué de fil barbelé à lames anti-intrusion. Si la voie terrestre lui semble infranchissable et s’il aime le rocambolesque, il percera un tunnel depuis les égouts comme Spagiarri ou mettra à profit le retard dans l’installation des filins anti-hélicoptère pour passer par les airs.
La déchetterie est mieux protégée qu’une ambassade
américaine au Moyen-Orient. Aux heures d’ouverture, les vigiles interdisent l’accès
au conteneur à ferraille, avant tout parce que les indigents pourraient se
blesser mais aussi que par ces temps de crise, on ne peut pas laisser grappiller
sur le dos des industriels de la valorisation. Soyons tranquilles, les ordures
sont bien protégées.
rue Blaise Pascal à
Rezé – côté sud
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