jeudi 29 avril 2021

Dans quel livre j'erre ?

 


Dans quel livre j'erre? ou comment je me suis perdu dans l'espace/temps.
 
Le matin ici, je lisais Ailleurs, le livre de Patrice Roger-Chantin. 
Page 38, il nous transporte en train jusqu’à Tunis.

Le soir ailleurs, je lisais Catastrophes, le livre de Pierre Barrault. 
Page 43, le conteur (Pierre?) est dans une voiture verte. Sa compagne Claire, assise à l'arrière, conduit et une voiture noire les double. Pierre dans la voiture noire salue sa fille dans la voiture verte conduite par Claire. 
Page 45 , sur un quai de gare, le conteur (Pierre?)attend un train.
 
BLANC
 
Le matin et Ailleurs dans le train de Tunis ...
...

Je croise Claire. 

TILT
 
Retour  


samedi 24 avril 2021

L'Agave

 


Avoir chez soi un peu de Mexique en pot pour penser à Octavio Paz


L'agave est véritablement admirable.
Sa violence est quiétude, sa quiétude symétrie. Sa soif fabrique la liqueur qui l'étanche :
c'est un alambic qui distille pour lui même.
 
Au bout de vingt cinq années, s'élève sur lui une fleur, rouge et unique. Une tige sexuelle
la dresse, flamme pétrifiée. Puis, elle meurt.

Octavio Paz - Entre la pierre et la fleur (trad E.Dupas)

jeudi 8 avril 2021

Chifoumi



    Parce que la main est une des parties les plus expressives du corps, rien n'est plus difficile à dessiner qu'une main. Ici, je mesure la limite de mon dessin.

    J'aimerais savoir les dessiner comme Picasso, qu'elles soient réalistes, schématisées, informelles, comme des épis de blé ou des pétales, avec 4 ou 6 doigts , ce sont des mains, des mains plus mains que je ne saurai jamais les dessiner.

 

vendredi 26 mars 2021

Keith Richards en lévitation

 


François Bon - Onzième conversation avec Keith Richards au sujet des choses rares.
Au début de la conversation:
"J'ai vu une fois un homme qui se tenait à cinq centimètres du sol me dit Keith Richards, et je n'ai pas compris comment." 
"J'ai essayé aussi, mais en m'accrochant au lustre, me dit Keith Richards - ça compte aussi comme lévitation (il avait bien dit : levitation) ?
Puis quelques pages plus loin à la fin de la conversation rapportée par François Bon, Keith Richards revient à cette histoire de lévitation:
"Une fois je me suis tenu à cinq centimètre du sol, me dit Keith Richards, mais une seule fois - je n'ai pas réussi à refaire."


jeudi 18 mars 2021

Les dessins de Daniel Maja

 


Dessin de Maja illustrant un article d'Alexandre Lous au sujet de Clandestin le livre de James Ellroy pour le Magazine littéraire de Février 1982.



Pourquoi s'en priver  ?       Maja c'est ici  http://www.danielmaja.com/

                                           ou encore là  sur facebook


mercredi 17 février 2021

Toboggan au temps du confinement

 



Le parc de la Morinière est en mal d'enfant,
La butte des grands toboggans ressemble à l'Île des morts.

Nous n'irons plus au bois,
Les lauriers sont coupés

Les amoureux ont déserté les bancs publics,
Bancs publics.

Les lauriers du bois
nous les laissons faner

Et tous les rossignols,
se sont mis à roter.

vendredi 12 février 2021

Ciao

Si le mot ciao vient du vénitien s'ciavo qui veut dire esclave, ciao comme on dit serviteur est bien mal à propos ici.
Plutôt addio, un addio joyeux et sans retour.
Enfin, voici venu le temps d'exploiter pleinement les potentialités de mon dilettantisme.




mardi 26 janvier 2021

Vive l'acrobate

 


Quant aux artistes -dont il n'y a pas grand chose à attendre depuis que Jacques Vaché a tranché en 1917 : "Nous n'aimons ni l'art, ni les artistes"-, on ne sait pas ce qui les aurait empêchés de rejoindre cette domesticité culturelle. Sinon, on ne verrait pas prétendre à ce titre une pléthore de travailleurs culturels censés produire l'art de ce temps, au rythme des bourses et subventions que tous les Etats du monde leur accordent généreusement.

En quoi ces employés d'une nouvelle sorte différent à peine de leurs collègues poètes-professeurs, peintres-professeurs, artistes-professeurs..., qui constituent l'avant-garde proliférante de ceux qui ne sont même plus en état de percevoir quelle contradiction fondamentale organise leur vie de spécialistes en neutralisation. Pas plus qu'ils ne peuvent mesurer combien l'effacement de cette contradiction, dont leur existence témoigne chaque jour, participe de l'escroquerie à la communication n'ayant d'autre but que d'immuniser contre tout ce qui pourrait être l'expression d'une protestation ou d'un refus.

Annie Le Brun - Du trop de réalité (2004)

mardi 29 décembre 2020

Élie Faure et l’automne vénitien


 

Le Concert Champêtre (probablement commencé par Giorgione et achevé par Titien)

 

Le Concert Champêtre est le moment décisif de la grande peinture, Titien partira de lui. La symphonie naît et s’enfle soudain, ses ondes se cherchent et se pénètrent, tout le sang de Venise s’est concentré dans un seul cœur, un cœur chaud, régulier et calme qui distribue la vie avec la puissance admirable de ce qui est maître de soi. Un monde qui va mourir affirme pour la première fois avec tous ses moyens l’immortalité du désir, de la musique et de l’intelligence en les associant à la nature immuable qui s’offre pour les justifier. Les forces de fécondation s’y recueillent dans l’attente profonde de la pleine maturité. Avec Giorgione, l’automne vénitien commence, la splendeur lourde, la sonorité des saisons où les fruits paraissent concentrer la flamme et la chaleur solaire, où leur pourpre translucide arrête à peine sa lumière, où le soir est couleur de cuivre, où les femmes épanouies par les premières caresses et rendues plus pesantes par les premières maternités devraient mettre sur leur chair de gros colliers d’ambre. Leur peau dorée est presque sombre, comme si le sang qui l’arrose avait reçu au travers d’elle le baiser de tous les jours brûlants qui se sont levés sur le monde depuis qu’il sait la volupté. Et cependant, dans les paysages profonds au cœur desquels elles sont étendues, les paysages bleus qui s’enfoncent, leur corps prend un éclat royal, on dirait un soleil vivant qui répand sur les chaumières rousses et les arbres noblement groupés une lueur si chaude et si riche qu’elle semble interdire à l’hiver de renaître et à la nuit de retomber. C’est à peine si nous connaissons Giorgione, à peine si nous pouvons affirmer l’authenticité de trois ou quatre de ses œuvres, mais nous ne pouvons pas les imaginer autrement que baignées dans l’atmosphère d’une après-midi de fin d’été, où la lumière immobile s’amasse dans l’ombre étouffante, où l’on dirait que le vent ne se lève que pour nous faire percevoir des parfums jusque-là matérialisés. Peut-être a-t-il bien fait de mourir jeune pour laisser au génie plus patient et plus sévère de Titien le temps de prendre possession de lui-même. C’est une peinture enivrante comme un vin trop épais.

Élie Faure   HISTOIRE DE L’ART  -  L’ART RENAISSANT             

mercredi 23 décembre 2020

Le TMR

 

Le théâtre municipale de Rezé (2017)

Tout à coup, noyé au milieu d’une architecture disparate, une petite beauté italianisante. Le modeste théâtre municipal de Rezé auquel je trouve beaucoup de charme. Ses trois fenêtres cintrées, le rouge pompéien de sa façade et le souvenir de mes filles, petites danseuses en tutu, fragiles et légères, recherchant un équilibre d’autant plus émouvant qu’il était précaire.