samedi 10 octobre 2026

En mode avion



Trois dessins qui ont occulté la traversée nocturne de l’océan. The amateur, un thriller américain comme je n’aime pas, m’en fournit les sujets. Mon doigt, sur l’écran tactile, accéléra le défilement du film comme l’avion le défilement du temps alors que nous volions dans les ténèbres au devant du soleil. Des images de choses que j’aime dessiner, des rues, des cafés, des voitures et des ambiances attendues dans ce genre de nanar. En bref et en précipité, un type de la CIA parcoure le monde à la poursuite du terroriste responsable de la mort de sa femme dans un attentat. Mon œil et mon doigt firent pause, temps suspendu sur une rue parisienne dans la nuit, un minable bar-restaurant stambouliote (ou madrilène ?) ,un parking washingtonien.
Puis trois autres dessins inspirés d’un film franco-canadien dans le genre drame social dont je n’ai retenu ni le titre, ni l’intrigue.
La nuit s’abrégeait.
Mon cerveau se désactiva du mode avion, nous amorcions la descente sur Nantes-Atlantique et le temps retrouvé.







Québec et le Queen Mary 2



Le Queen Mary 2 à quai déverse sa cargaison de retraités américains dans le Vieux Québec. Faute de pouvoir d’achat comparable à ces croisiéristes … alors on regardait les bateaux, on peignait des peintures à l’eau …

mercredi 16 septembre 2026

Compagnons d’atelier avez-vous donc une âme ?




Ce taille-crayon, ami fidèle que mes doigts et le temps ont patiné, pèse plus lourd que son poids de métal. Qui pour nier qu’il à une âme ?

jeudi 27 août 2026

Rendez-vous à Biarritz


Rendez-vous à Biarritz, un texte à tiroirs et manivelles de Mary Heuze-Bern, façon roman noir qu’une version dessinée par Rita Menz vient sublimer. Les références à l’art et à la peinture foisonnent. On se demande même si le héros ne ressemble pas à l’éditeur ? On s’amuse follement. On doit ce bel objet d’édition à Louise (Luis ?)  Bottu. Qu’on se le dise. 


dimanche 16 août 2026

Aux habitués du Café du Passage


Le dimanche, grilles closes, Le Passage d’Orléans est fermé. Pour les habitués du café, c’est bonjour tristesse. Ils n’étireront pas leur fin d’après midi à bistrotter en sirotant un expresso ou un demi-pression entre gens de bonne compagnie. Comme tout un chacun, ils devront goûter au charme de l’ennui dominical. 


Passager de la nuit


Passager de la nuit, mon aurige préférée m’emporte. Indifférent  aux monstres de trente-huit tonnes que nous doublons, je voyage les yeux fermés dans le confort ouaté d’une légère somnolence.

mardi 11 août 2026

Supplique



Supplique pour être enterré dans un lieu imaginaire sans repère ni horizon. Dériver dans le néant du cimetière de Safara m’irait bien.
Le cimetière de Safara,
«... qui n’a ni seuil ni porte si nul mur ou grille ne l’enferme et s’il paraît déborder sur le grand plateau de craie tendre comme un lac où les tombeaux seraient comme des bateaux en détresse ...» A.P. De Mandiargues (Mascarets - Armoire de lune) 

dimanche 9 août 2026

Nagasaki

Ce matin, Patrick Mosconi a publié sur Faceb, une peinture qu’il a intitulée : N A G A S A K I - 9 août 1945
Il a raison, rien n’y fera, ni l’art, ni la poésie, nous ne survivrons pas. 
Pourtant il y a Appollinaire , 

La nuit
S’achève
Et Gui
Poursuit
Son rêve
Où tout
Est Lou
On est en guerre
Mais Gui
N’y pense guère
La nuit
S’étoile et la paille se dore
Il songe à Celle qu’il adore.



dimanche 2 août 2026

Jinin



Etel Adnan poétesse et artiste visuelle syro-franco-américano-libanaise (1925 - 2021)

Jinin (extrait)

Mais ils sont venus, les salauds, effacer à coups d’obus, nous dire que tout simplement on n’existait pas. Alors, ils ont commencé par les oliviers, puis par les vergers, puis par les immeubles, puis quand toute chose qu’on vient d’énumérer eut disparu, ils ont jeté pêle-mêle, enfants, vieillards, et nouveaux mariés, morts ou à moitié morts, dans la fosse commune, et ont tout enfoui, et tout cela pour dire au monde des demi-vivants qu’on n’existait pas, qu’on n’avait jamais existé, et que donc, ainsi, ils avaient raison.... de nous exterminer.

samedi 1 août 2026

Conversation au golf



Tout ce qui se qui passe avant
«…. la nymphe, portant le rubis du verre de bourgogne, où se dilue le soleil, au rubis de ses lèvres. » *
et après est aussi délicieux qu’est faussement futile la trajectoire d’une balle de golf dans la mécanique du cosmos.

* “Conversation au golf ou l’idée de dharma” un des “Tableaux des petites et grandes choses de l’existence”, de José Ortega y Gasset, sélection de textes choisis par Frédéric Schiffter, traduction Valeria Dos Santos. (Editions Séguier)

mercredi 22 juillet 2026

Les dimanches de pluie



Le canal Saint-Félix sous le pont sncf (2022)
acrylique sur papier 65x50cm

Les dimanches de pluie, les pêcheurs à la ligne du canal Saint-Félix se réfugient sous le pont sncf. Peut-être est-ce un jour moins moche pour ceux qui sont à la rue que de voir débarquer sous la dalle les poètes du moulinet. Il règne ici une douceur morne, rythmée par le lourd tremblement du passage des trains. Les poissons et les hommes ont le spleen, tristesse indispensable à la jouissance des jours sombres mais insuffisante pour se pendre à l’hameçon.

En supplément, pour les courbes douces du canal, un poème de René Fallet.

PÊCHE À LA MOUCHE

Un poisson comme ta main
Vient de sauter sur la Seine
Vient de me dire à demain, 
Une flamme en la fontaine.

Jenny Spinner jolie mouche
Tu es femme
Comme elle tu caches, louche,
Une lame.

Un poisson comme ton bras
Vient de gober l’Iron Blue
Je le vois plonger là-bas 
Dans l’écume de la Loue.

Yellow Palmer, tu t’envoles
Et retombes
Ainsi meurt la feuille folle
Sur la tombe.

Un poisson comme ta cuisse
Vient de filer dans mon cœur
Seigneur faites que je puisse
Le piquer à cette fleur

Car elle est fleur, cette Olive 
Dun, ombelle
Qui vogue de rive en rive
Sur deux ailes.

Un poisson comme l’amour
Dans un panier de soleil, 
Un poisson du fleuve Amour 
Ruisselle sur mon sommeil.

Des ombres loin de mes bottes
T’ont suivie,
Ton or, Wickham’s Fancy, flotte
Sur ma vie.

mardi 14 juillet 2026

Merdre à Jupitre

 


A bas le défilé jupitérien avec ganivelles, command-car, torse bombé, lunettes de kéké, chars et képis !
Vive le 14 juillet avec détachement balnéaire, troupes cycloportées et joyeux bordel !

vendredi 19 juin 2026

Frederik Mispelblom




Hier, je suis allé à Sainte-Marie-sur-Mer où Frederik Mispelblom expose sa peinture dans la Maison du Chapitre.
Ce fut une belle rencontre avec le peintre et avec ses tableaux. Frederik a d’abord peint des œuvres figuratives inspirées par l’estran, zone instable et propice à l’imagination. Il aborde maintenant l’abstraction, Terra Incognita. Frederik est un explorateur qui trouve parfois des choses qu’il n’attendait pas, encore faut-il être capable de les voir. Frederik a ce talent. 



mercredi 17 juin 2026

La porteuse de nuages




Souvenir de 2023 quand elle me quittait pour porter les nuages à Bruxelles. Rien ne pouvait me faire plus plaisir que cette destination ou elle croiserait les cirrus venus d’Oostende.

Je me souviens du bord de mer

Avec ces filles au teint si clair

Elles avaient l'âme hospitalière

C'était pas fait pour me déplaire.