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lundi 25 février 2019

Giacometti et L'homme qui marche



L’été dernier le musée Guggenheim de New York présentait l’œuvre d’Alberto Giacometti. Le hasard allait me faire rencontrer l'artiste que je ne connaissais que pour la forme allongée de ses sculptures.
Dans le musée à l'architecture si particulière, nous avancions dans l’immense hélice blanche jusqu’à son ultime fin tel l’Homme qui marche, puisque nous sommes condamnés à avancer. Ce parcours ne fût pas qu’un choc esthétique et j’en ai une conscience accrue depuis la lecture de l’histoire de cette création magnifiquement racontée par Franck Maubert.


L'homme qui marche - Franck Maubert

vendredi 20 avril 2018

Sur la robe elle a un corps


Ce soir, j'ai vu une femme dans mon jardin. Des bras de déesse Ashanti, une femme comme une statue de Giacometti.


Mes yeux sont des quintaux.






« Sur la robe elle a un corps » 
Glorieuse
Si tu t’incarnes avec esprit
Les couturiers font un sot métier
Autant que la phrénologie
Mes yeux sont des kilos qui pèsent la sensualité des femmes
Tout ce qui fuit, saille avance dans la profondeur
Les étoiles creusent le ciel
Les couleurs déshabillent
« Sur la robe elle a un corps »
Sous les bras des bruyères mains lunules et pistils quand les eaux se déversent dans le dos avec les omoplates glauques
Le ventre un disque qui bouge
La double coque des seins passe sous le pont des arcs-en-ciel
Ventre
Disque
Soleil
Les cris perpendiculaires des couleurs tombent sur les cuisses
ÉPÉE DE SAINT MICHEL
Il y a des mains qui se tendent
Il y a dans la traîne la bête tous les yeux toutes les fanfares tous les habitués du Bal Bullier
Et sur la hanche
La signature du poète
Blaise Cendrars - Février 1914

jeudi 7 décembre 2017

Le jardin de la Villa d'Este

Villa d'Este - Lucm (2016)


Là se voit ce fameux palais et jardin du Cardinal de Ferrare: c'est une tres-belle piece, mais imparfaite en plusieurs parties, et l’ouvrage ne s'en continue plus par le Cardinal présent. J’y consideray toutes choses fort particulieremant ; j’essayerois de le peindre ici, mais il y a des livres et peintures publicques de ce sujet. Ce rejaillissement d'une infinité de surgeons d'eau bridés et eslancés par un seul ressort qu’on peut remuer de fort loin, je l’avoy veu ailleurs en mon voyage et à Florence et à Auguste. comme il a esté dit cy dessus. La musique des orgues, qui est une vraye musique et d'orgues naturelles, sonnant tousjours toutesfois une mesme chose, se fait par le moyen de l'eau qui tombe avec grande violence dans une cave ronde, voustée, et agite l'air qui y est, et le contraint de gaigner pour sortir les tuyaux des orgues et lui fournir de vent. Une autre eau, poussant une roue à tout certaines dens, fait battre par certain ordre le clavier des orgues ; on y oit aussi le son de trompettes contrefait. Ailleurs, on oit le chant des oiseaux, qui sont des petites flustes de bronze qu'on voit aux regales, et rendent le son pareil a ces petits pots de terre pleins d’eau que les petits enfans soufflent par le bec, cela par artifice pareil aux orgues ; et puis par autres ressors on faict remuer un hibou, qui, se presentant sur le haut de la roche, fait soudain cesser cete harmonie, les oiseaux estant effrayés de sa presence, et puis leur fait encore place : cela se conduit ainsi alternativement tant qu'on veut. Ailleurs, il sort comme un bruit de coups de canon : ailleurs, un bruit plus dru et menu, comme des harquebusades : cela se fait par une chute d'eau soudaine dans des canals, et l’air se travaillant en mesme tamps d'en sortir, engendre ce bruit. De toutes ces inventions ou pareilles, sur ces mesmes raisons de nature, j’en ay veu ailleurs. Il y a des estangs ou des gardoirs. avec une marge de pierre tout au tour, avec force piliers de pierre de taille hauts, au dessus de cet accoudoir, esloingnés de quatre pas environ l’un de l'autre.
Journal de voyage – Michel de Montaigne

jeudi 20 juillet 2017

Tour Lu tutu

Il n'y a pas de délire d'interprétation puisque toute interprétation est un délire.


La tour Lu dans le ciel de Nantes

Tour Lu tutu

La Renommée claironne et l’intrus* passe, saluant la mémoire de Georges, Maurice, Marcel, Lucy.

* l’intrus n’est pas domestiqué contrairement à ses congénères qui barbotent dans la mare.

jeudi 9 mars 2017

Lapinette


Lapinette   (95cm)   - René Averty

Telle Pandore, Lapinette,  mi-déesse grecque, mi-playmate  est née de la terre. Son Héphaïstos qui en vaut bien deux, s’appelle René Averty. René vit sur la côte dans le Pays de Monts. Il s’est mis à sculpter et façonner la terre sur le tard. René ne manque pas de talent et sa Lapinette ne manque pas de noblesse. Merci René. J’espère que ta Vénus aux grandes oreilles  se plaira à la maison.

mercredi 8 février 2017

L'insoutenable Légèreté





Pornic, station balnéaire, lieu d'insouciance et de légèreté.
L’hôpital, théâtre de la maladie, lieu d’incertitude et d’angoisse.
La chapelle profane,  lieu de l’esprit, lieu de la pensée.


En février, la Chapelle de l'Hôpital de Pornic sera par la peinture et la sculpture des artistes de l'Ecole de Bouin,   par les mots des poètes,  le lieu de l'insoutenable légèreté de l'être.



mardi 8 septembre 2015

Les musées de Naples

     L’Italie a réduit le budget du ministère de la culture de deux tiers ces cinq dernières années. Les musées nationaux manquent cruellement de personnel et à Pompéi, des maisons de la cité antique, jusque-là sauvegardées, s’écroulent.

     A Naples, le deuxième étage du palais de Capodimonte n’est ouvert que momentanément chaque jour et l’on vous presse de quitter Le Caravage sans vous donner le temps de vous émouvoir. Le musée archéologique également, n’a plus les moyens d’ouvrir toutes ses salles au public, mais en contrepartie, depuis le seuil fermé des salles abandonnées, on entraperçoit la beauté des antiques plongés dans la pénombre.

mardi 17 mars 2015

Lebourg et Wallace

Les célèbres fontaines offertes à Paris par Mister Wallace ont été dessinées en 1872 par le sculpteur nantais Charles-Auguste Lebourg. Cinq d’entre elles* et plusieurs autres œuvres de Lebourg sont implantées dans des lieux publics de Nantes.  Pour le bourgeois bienpensant,  les quatre cariatides personnifient  La Simplicité, La Bonté, La Sobriété, La Charité  alors que pour le passant qui passe, elles sont filles des rues  offrant  généreusement leurs formes. 


Cours Cambronne - Nantes

L’artiste  n’a tiré aucune notoriété de son œuvre et finira sa vie dans la misère. Il n’en fut pas de même pour le bon Wallace. Quand on a bu, on tourne le dos à la fontaine.  Lebourg meurt en 1906 à l’âge de 77 ans. Il est enterré au cimetière Miséricorde dans sa ville de Nantes.


*Cours Cambronne, Jardin des Plantes(2), Parc de la Gaudinière, Place de la Bourse

mardi 9 décembre 2014

Gérard Voisin, sculpteur-poète



"Sa jeunesse duraille fut de fer et de feu, mais sous le front embrasé du mouleur-fondeur brillaient de frais feuillages. Alors il devint sculpteur sur sève; en fait, il devint DEVIN, car il y a du sorcier chez Voisin" Claude Nougaro
                           




L'Homme qui marche – Gérard Voisin (1993)
Sculpture en bois,  place Pirmil au sud de Nantes


Gérard Voisin est né en 1934 à Nantes.  A 14 ans, après avoir travaillé dans des fermes, il entre aux Fonderies nantaises, il y restera treize ans. La vie rude de sa jeunesse aurait pu faire de lui un drogué ou un assassin, il a choisi d’être sculpteur-poète, d'être un artiste. Dans les années 70, il quitte Nantes pour Paris où il côtoie le mouvement CoBrA. 
Aujourd’hui, Gérard Voisin vit entre Nantes et son atelier des Moutiers-en-Retz.