samedi 7 février 2026

La Vénitienne

 


Le hasard d’une rencontre, une pensée en croisant une autre, m’a fait me replonger dans La Vénitienne, une nouvelle de Vladimir Nabokov. Le portrait de La Vénitienne peint par Sebastiano Del Piombo en 1519 se trouve au centre de cette histoire fantastique et envoûtante. Un des personnages fasciné et amoureux, à force de contemplation, pénètre dans la peinture.

Reproduire un tableau, même sans y parvenir puisque l’on n’y parvient jamais, aller au fond de l’observation, rejoindre la Vénitienne avec Nabokov décrivant dans le détail la peinture de Del Piombo, l’ombre sous un œil, une commissure au coin des lèvres, un doigt effleurant la fourrure... J’ai cherché la vénitienne, je l’ai approchée, puis un coup de pinceau en trop en entraîne un autre, le papier s’altère, je l’ai perdue. Qu’importe, j’ai passé un moment à côté d’elle. 


jeudi 29 janvier 2026

Goretti à la Baule



Le 8 janvier dernier alors que Goretti soufflait, je venais récupérer ma vieille voiture dans un garage baulois, elle m’avait lâché sur la quatre voies fin décembre.
Avant le retour, je suis passé par le remblai. Non que j’affectionne la succession d’immeubles sans charme surplombant cette immense plage sans relief mais pour voir la tempête dans la station désertée. La Baule ensauvagée, la même ambiance qu’à Saint-Jean-de-Monts dans « Le Flic », le film de Melville tourné en 1971. Sur le front de mer, dans la bourrasque et hors saison, quatre gangsters ( Richard Crenna, Michael Conrad, André Pousse et Riccardo Cucciolla ) s’attaquent à une agence bancaire. Esthétique du vide horizontal, voiture américaine, borsalino, je me suis fait mon cinéma.
Dommage qu'il n'y ait plus de banque à attaquer sur les remblais.

jeudi 22 janvier 2026

sens interdits - Charles Brun




sens interdits - Charles Brun  ( c'est ici que l'on peut lire des poèmes de CB)

où allions-nous lorsque
la pluie pointait son nez ?
abrités sous un porche
l'un contre l'autre
comptions-nous nos sous
pour un ticket de ciné,
la salle enfumée
derrière le grand comptoir
ou,
les jours de gloire,
une chambre d'hôtel
aux portes de la ville ?

souviens-moi de toi
cette époque où
la noirceur était vertu
et la route couverte de boue
pas de futur pour les enfants
comme nous
tes yeux étaient-ils bleus
gris
ou vert de gris ?
je les ai oubliés

dérobais-je pour toi
d'obscurs ouvrages
à propos du rôle de notre classe
la place de notre rôle –
et autres syllogismes si pratiques ?
tu rêvais popoésie
arrogant je rabachais popolitique
nous étions nés
avant le vent, chantais-tu
aussi jeunes que le soleil

où trouvions-nous
refuge lorsque la fatigue
du jour s'emparait des rues
tes yeux brasillaient
et s'emballaient nos sens interdits ?
petite fille en pleurs,
écris-moi cette chanson



dimanche 18 janvier 2026

Arrêt de bus Foch-Cathédrale, vue d’artiste !



Si Naolib substituait à ses placards publicitaires des nus de Fantin-Latour, ça ferait de très beaux derrières aux bus nantais et ça apaiserait la circulation.

En outre, histoire de pacifier l'atmosphère, on pourrait aussi soustraire le nom de l’assassin Foch à l’appellation de cet arrêt de bus.
Ce sera là, mes contributions "transport en commun" aux élections municipales.

lundi 12 janvier 2026

65

 Le 12 janvier 1968, je soufflais mes 7 bougies.
Ce n’était pas champagne!!! mais ça faisait des bulles. 
Année faste, la télé venait de débarquer dans notre séjour, ça vous habille un intérieur. Je pouvais maintenant voir Zorro tous les jeudis sans avoir à espérer une hypothétique invitation d’un copain de mon frère chez qui il y avait la télé. Voilà ce que fut pour moi le grand bouleversement de 1968, un Z qui voulait dire Zorro, Zorro, Zorro


… 

mardi 6 janvier 2026

La neige au pont de la Morinière, cet aprèm à 16h.



La neige c’est de la lumière, c’est du son qui porte loin et c’est également de la joie.
En suivant la Sèvre cet après-midi, me parvenait de l’autre rive, la conversation d’un groupe de collégiens qui découvraient sur leur messagerie qu’il n’y aurait pas cour demain, je pris un éclat de leurs cris de joie en plein cœur. Youpi!