vendredi 2 décembre 2016

Insomnie sidérale

 

Milieu de nuit à ma fenêtre
Dans le cadre, carré noir sur nuit blanche
Suprématisme de l’insomniaque
Aplats sombres aux lignes imprécises
Heures géométriques
Flou nocturne
Sfumato des esprits intranquilles
En face, au dernier étage de l’immeuble blanc que l’obscurité urbaine fluoresce, un inconnu veille.
Immobile dans la pénombre, je scrute l’ouverture lumineuse.
Quel centaure habite cette proxima ? 
Clem Ruzé


vendredi 25 novembre 2016

Poésie & Polar



Hier soir, au Lieu Unique à Nantes, Fondu au noir et la Maison de la Poésie proposaient une rencontre autour du roman noir et de la poésie. Les romanciers du noir sont souvent des poètes, les bons toujours. Jérôme Leroy et Frédérick Houdaer l'ont superbement prouvé. Romanciers poètes du genre, ils ont fait des lectures croisées de leurs œuvres, ont lu des extraits des meilleurs écrivains du noir, ont rendu un hommage magnifique aux poètes aux vies aussi noires que leurs œuvres : François Villon, Edgar Poe, Arthur Rimbaud, Paul Verlaine, Charles Bukowski, Nestor Burma, Bonnie Parker, Lacenaire, Pasolini, Jean-Claude Pirotte et j'en oublie beaucoup. Ils ne nous ont pas dit ce qu'est la poésie mais ils nous ont fait passer un moment de poésie. On est ressorti un peu ivre de beauté noire, la beauté des pires désespoirs. Je suis rentré à Rezé avec les transports en commun, petit voyage dans le noir.

Frédérick Houdaer http://houdaer.hautetfort.com/
La Maison de la Poésie de Nantes http://maisondelapoesie-nantes.com/

samedi 12 novembre 2016

Prières d'amour



Tu veux mon ventre pour te nourrir
Tu veux mes cheveux pour te rassasier
Tu veux mes reins mes seins ma tête rasée
Tu veux que je meure lentement lentement
Que je murmure en mourant des mots d’enfant.
 
Joyce Mansour - Cris

jeudi 27 octobre 2016

Mauvais sang

Le Sabbat des sorcières



     J'ai de mes ancêtres gaulois l'œil bleu blanc, la cervelle étroite, et la maladresse dans la lutte. Je trouve mon habillement aussi barbare que le leur. Mais je ne beurre pas ma chevelure.
     Les Gaulois étaient les écorcheurs de bêtes, les brûleurs d'herbes les plus ineptes de leur temps.
     D'eux, j'ai : l'idolâtrie et l'amour du sacrilège ;
oh ! tous les vices, colère, luxure, magnifique, la luxure ; surtout mensonge et paresse.
     J'ai horreur de tous les métiers. Maîtres et ouvriers, tous paysans, ignobles. La main à plume vaut la main à charrue.
Quel siècle à mains ! Je n'aurai jamais ma main. Après, la domesticité mène trop loin. L'honnêteté de la mendicité me navre. Les criminels dégoûtent comme des châtrés : moi, je suis intact, et ça m'est égal.
     Mais ! qui a fait ma langue perfide tellement qu'elle ait guidé et sauvegardé jusqu'ici ma paresse ? Sans me servir pour vivre même de mon corps, et plus oisif que le crapaud, j'ai vécu partout. Pas une famille d'Europe que je ne connaisse.
J'entends des familles comme la mienne, qui tiennent tout de la déclaration des Droits de l'Homme. J'ai connu chaque fils de famille !
 
Arthur Rimbaud, Une saison en enfer

jeudi 20 octobre 2016

Ne plus jamais revoir Noirmoutier




Mélancolie,  souvenir lointain du bord de mer sous les pins

Spleen, caravane immobilisée à perpète sur un parking rezéen