jeudi 9 avril 2020

Songe intégral


Bleu, blanc, blême, 
le premier rayon  t’érythème
 Fin de l'été, 
couleur café


lundi 6 avril 2020

À muse mens


Le peintre et sa muse dans la treille renaissante


Quand me peindras-tu ?
      ( Jamais, tu es insaisissable )
      Toujours,
      Je te peins dans mes rêves
      Toi
      ( et elles et elle )
Où suis-je accrochée?
      Dans mes yeux
      ( et elles et elle sur la treille )

mardi 31 mars 2020

Les poumons

                                     lucm - 2011



Donne-moi tes poumons, bergère.
Les miens sont percés par la toux. Ça ressemble un peu.
- laïtou -Aux drapeaux revenant de guerre.

Donne-moi ces poumons jolis
Qui lèvent bêtement ta gorge.
Ou toi. petit marin poli.
Cède-moi les soufflets de forge.

Que feriez-vous de ces poumons.
Bergère, marin. - vire et vire.
Tu mènerais paître un mouton.
Tu mènerais paître un navire.

Vous trouvez que c'est gai d'entendre
La mer qui bêle ou la brebis ?
Allons, bien vite, allons, c'est dit :
Vendez-moi ces poumons à vendre.

Si c'est trop de m'en bailler deux,
N'en donnez qu'un, c'est une idée.
Je veux souffler encore un peu
Et devant le ciel m'accouder.

Entendez-vous comme je tousse.
Moi. je n'aime pas de mourir.
Mais la chance est-elle à courir
Quand on n'est que bergère ou mousse ?

Le marin, c'est pour le naufrage
Et la bergère pour le loup.
Ce serait tellement plus sage
De m'aider à tenir debout.

Au secours, il est temps, j'étouffe
Dans le supplice du garrot.
Pour mordre à mes dernières touffes.
Quatre poumons, ce n'est pas trop.
 Géo Norge

jeudi 26 mars 2020

Rama Kam






      Rama kam
(Chant pour une Nègresse)


Me plaît ton regard de fauve
Et ta bouche à la saveur de mangue
      Rama Kam
Ton corps est le piment noir
Qui fait chanter le désir
      Rama Kam
Quand tu passes la plus belle est jalouse
Du rythme chaleureux de ta hanche
      Rama Kam
Quand tu danses
Le tam-tam Rama Kam
Le tam-tam tendu comme un sexe de victoire
Halète sous les doigts bondissant du griot
Et quand tu aimes
Quand tu aimes Rama Kam
C’est la tornade qui tremble
Dans la chair de nuit d’éclairs
Et me laisse plein de souffle de toi
O Rama Kam !

            David Diop -  Coups de pilon  (1956)