vendredi 25 janvier 2013

Benjamin Peret – Débuts dans la vie



Aujourd’hui             15 rue Alsace-Loraine à Rezé                  hier
Le chérubin a survécu mais l’enseigne Peinture voitures n’est plus là



Benjamin Péret, enfant du peuple, est né le 4 juillet 1899 au 15 de la rue Alsace-Loraine à Rezé.  A ses 2 ans, ses parents se séparent. Dès lors sa mère l’élève seule. Enfant turbulent, il ne supporte pas la « lourde sujétion de l’école ».  Adolescent, il commence une prépa  Arts et métiers puis démissionne pour  étudier brièvement  le dessin industriel. En 1917, sa mère le pousse à s'engager. Intégré dans un régiment de cuirassiers, il part à Salonique puis rejoint le front en Lorraine. De cette expérience de la guerre naitra une profonde haine antimilitariste.
A la question «Débuts dans la vie ?» posée par les rédacteurs  du Nouveau dictionnaire des contemporains, Benjamin Péret  répondra «Guerre de 1914, ce qui a tout facilité»



Vie de l'assassin Foch   (Benjamin Péret-1930)

Un jour d'une mare de purin une bulle monta
et creva
À l'odeur le père reconnut
Ce sera un fameux assassin
Morveux crasseux le cloporte grandit
et commença à parler de Revanche
Revanche de quoi Du fumier paternel
ou de la vache qui fit le fumier
À six ans il pétait dans un clairon
À huit ans deux crottes galonnaient ses manches
Un jour d'une mare de purin une bulle monta
À dix ans il commandait aux poux de sa tête
et les démangeaisons faisaient dire à ses parents
Il a du génie
À quinze ans un âne le violait
et ça faisait un beau couple
Il en naquit une paire de bottes avec des éperons
dans laquelle il disparut comme une chaussette sale

Ce n'est rien dit le père
son bâton de maréchal est sorti de la tinette
C'est le métier qui veut cela
Le métier était beau et l'ouvrier à sa hauteur
Sur son passage des geysers de vomissements jaillissaient
et l'éclaboussaient
Il eut tout ce qu'on fait de mieux dans le genre
des dégueulis bilieux de médaille militaire
et la vinasse nauséabonde de la légion d'honneur
qui peu à peu s'agrandit

Ce mou de veau soufflé s'étalait
et faisait dire aux passants pendant la guerre
C'est un brave il porte ses poumons sur sa poitrine

Tout allait bien jusqu'au jour où sa femme recueillit
le chat de la concierge
On avait beau faire
le chat se précipitait sur le mou de veau
dès qu'il apparaissait
et finalement c'était fatal il l'avala
Sans mou de veau Foch n'était plus Foch
et comme un boucher il creva d'une blessure de cadavre


15 rue Alsace-Loraine côté cour

4 commentaires:

  1. bien intriguant bâtiment que celui au premier plan sur la droite (seconde photo), une idée de la fonction d'origine ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ce bâtiment est une énigme. On dirait un assemblage d’éléments de récupération. Une enquête est à mener mon cher Phenakis. Informez-moi si vous trouvez des infos.

      Supprimer
  2. Benjamin Peret, de la tour Peret d'Amiens ?
    Minute, je vérifie ..... Ben non c'est la tour Perret, Auguste Perret.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Berthoise , Jules Verne à Amiens ça suffit, vous n’allez pas nous piquer tous les nantais !

      Supprimer