jeudi 24 mars 2016

La galerie Argos



Avant les années 1960, les galeries d’art de province exposant  les courants picturaux avant-gardistes étaient rares. A Nantes, grâce à la Société des Amis du Musée des Beaux-arts et à l’Association des Amis de l’Art, les mentalités avaient évolué. Les galeries Moyon-Avenard, Bourlaouën et Michel Columb montraient déjà des créations artistiques en marge de la peinture  académique. 
En 1960, Jeanne Charles Bourgeat qui avait l’ambition de faire connaitre plus largement l’art contemporain, créa la Galerie Argos, rue du roi Albert. L’écrivain nantais Michel Ragon, défenseur de ce qu’on appela la Nouvelle Ecole de Paris, favorisa la venue de nombreux artistes de ce courant. La renommée de la galerie ne tarda pas à dépasser les frontières nantaises. Victor Vasarely, mis sa notoriété au service de la galerie, alors qu’il avait rompu tous ses contrats avec les autres galeries, il  poursuivit sa collaboration avec Argos jusqu’à sa fermeture en 1972.
En 1964, la venue de Georges Mathieu, célébrité de l’art contemporain de l’époque,  fut un événement médiatique. Des séances de peinture en public (happenings) furent organisées et les fans de l’artiste, trop nombreux, firent  la queue sur le trottoir. Toutes les toiles furent vendues. Georges Mathieu déclara : « Je suis touché par l’intérêt que l’on me porte à Nantes. Je crois y voir l’assurance que la ville possède un bel esprit de jeunesse. J’applaudis beaucoup à l’initiative de Mme Bourgeat et de sa galerie Argos, car j’y vois un acte important de décentralisation artistique »


Huile sur toile (92x60cm)  peinte à la galerie Argos
Mathieu lui donna le nom de Jacques Cassard, fameux corsaire nantais.

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