jeudi 16 avril 2015

L’odeur des lys



René Guy Cadou vécu dans cette école primaire au n°5 du quai Hoche à Nantes de 1931 à 1939. Son père Georges en était le directeur. En 1937 à l’âge de 16 ans,  René Guy Cadou y composa son premier recueil de poèmes Brancardiers de l’aube.
Après la guerre, le poète choisira d’exercer le métier d’instituteur allant  au gré des postes  aux quatre coins de la Loire-Inférieure. En 1945, il obtiendra un poste de titulaire à Louisfert ou il s’installera  avec  Hélène Laurent, l’amour de sa vie.  Il mourra  à 31 ans.



          Pourquoi n’allez-vous pas à Paris ?
                                      
- Pourquoi n’allez-vous pas à Paris ?
- Mais l’odeur des lys ! Mais l’odeur des lys !
- Les rives de la Seine ont aussi leurs fleuristes...
- Mais pas assez tristes ! Oh ! Pas assez triste
     Je suis malade du vert des feuilles et des chevaux,
        Des servantes bousculées dans les remises du château...
- Mais les rues de Paris ont aussi leurs servantes !
- Que le diable tente ! Que le diable tente !
     Mais moi seul dans la grande nuit mouillée,
        L’odeur des lys et la campagne agenouillée,
           Cette amère montée du sol qui m’environne,
              Le désespoir et le bonheur de ne plaire à personne...
- Tu périras d’oubli et dévoré d’orgueil !
- Oui, mais l’odeur des lys !

 La liberté des feuilles  -  René Guy Cadou

2 commentaires:

  1. Les lys sont entêtants, j'aime la subtilité du parfum des iris.

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    1. Oui, mais la fluidité des mots ! Berthoise

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