dimanche 14 octobre 2012

Folie, grandeur et décadence


Aux XVIIIème et XIXème siècles,  la bourgeoisie nantaise, soucieuse d’étaler sa réussite sociale, se fait construire des manoirs dans la proche campagne.  On trouve autour de Nantes une trentaine de ces demeures  plus ou moins grandes mais toujours élégantes. On les surnomme  folies nantaises.  Des folies aux folles nuits, il ne faut qu’un peu d’imagination et  ces belles maisons ont longtemps eu la réputation d’être des lieux de débauche.
En 1805,  le futur maire de Rezé et conseiller général  bonapartiste, Philémon Chenantais , rachète le domaine du Praud situé sur la butte au point culminant de la commune. Il charge son frère Joseph-Fleury, à qui l'on doit l'ancien palais de justice de Nantes, d’y construire une folie.  Philémon meurt en 1883 et la propriété  est rachetée successivement par un fabricant d'eau gazeuse,  un photographe,  un capitaine d'artillerie.
Au début de la seconde guerre mondiale,  un poste de défense antiaérienne est installé sur ce point haut. En juin 1940, la Wehrmacht passe la Loire et occupe les lieux.
Après la guerre, la propriété est louée par un aviculteur et le manoir mal entretenu se dégrade. Dans les années 80, l’ancien capitaine d’artillerie, toujours  propriétaire, vend une partie du parc à un pavillonneur et mure le château. En 1992 la ville de Rezé achète le manoir et les deux hectares et demi  de terrain restant.  Au milieu d’un parc public, le manoir est en piteux état et faute de financement, sa restauration n’est actuellement plus à l’ordre du jour.
Aujourd'hui La bourgeoisie n’a plus de folies et manque cruellement de raffinement.


3 commentaires:

  1. Ainsi murée et amputée de tout ce qui lui donnait un certain charme, cette folie semble condamnée à finir son existence dans sa camisole de force.

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    1. Surtout qu'en temps de crise la folie n'est pas prioritaire.

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